15 février 2007

Présidentielle : l'appel des journalistes de l'audiovisuel public


L'audiovisuel public trop éloigné des attentes de ses concitoyens ? C'est ce qu'affirme en tout cas un groupe de journalistes, soutenus par le collectif Bellaciao. Après le référendum pour la constitution européenne en 2005, où les principaux médias publics avaient été accusés de soutenir "outrageusement", selon le collectif Bellaciao, le "oui", (France Inter en a d'ailleurs beaucoup souffert) la critique se porte maintenant sur la forme des émissions politiques.


Faire participer les citoyens-électeurs est la nouvelle mode. Seulement voilà, les journalistes sont formés pour être à l'aise devant une caméra et surtout, savoir rebondir et déjouer, en théorie, la langue de bois et les manœuvres politiciennes pour éviter les questions ... ce qui n'est pas le cas du citoyen lambda. Les journalistes politiques suivent également les hommes et femmes politiques depuis plusieurs années et sont donc plus à même de soulever certaines contradictions ou simplement rappeler des faits passés.


De plus, tous les candidats ne sont pas logés à la même enseigne dans les émissions de questions-réponses. Il suffit de voir l'émission de PPDA "J'ai une question à vous poser" : seuls deux candidats auront droit à une émission individuelle, les autres sont regroupés, comme, lundi dernier, Jean-Marie Le Pen, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et Philippe de Villiers.


Et apparemment, ces points négatifs de la nouvelle forme d'émission politique à la mode sont bien perçus par les téléspectateurs, puisque selon Bellaciao, ils seraient 71% à estimer que les débats sont de mauvaises qualités.


En réaction, la profession se mobilise : à l'initiative de cinq journalistes du service public (France Télévision et Radio France), une pétition a été lancée pour réclamer des débats contradictoires sur la présidentielle et éviter de connaître les mêmes traumatismes post-référendaires...


Ce 15 février, à 20h, 1969 personnes avaient déjà signé la pétition.

Pour en savoir plus : l'interview de Jean-François Tealdi, Grand reporter à France 3, et à l'initiative de la pétition. Il était au micro de Colombe Schneck, sur France Inter, dans l'émission "J'ai mes sources".




3 commentaires:

C'est mon avis et je le partage a dit…

Ce genre d'émission n'est-il pas utile dans une première phase de campagne?
Cela correspond à une vraie demande des Français, qui jugent les journalistes peu crédibles, trop proches du pouvoir.
Après que quelques journalistes du service public qui se font laminer en terme d'audience râlent, ça va changer quoi?

Oriane a dit…

Un peu radical comme point de vue, non ? Le problème aussi de ces émissions, c'est la neutralité... vu que les questions sont supervisées par la production...

à lire à ce sujet, un article de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, paru dans Libération http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/235660.FR.php

Autre soucis également : quand un seul journaliste pose les questions, ça permet une certaine cohérence et réactivité, ce qui n'est pas le cas des émissions de questions multiples de téléspectateurs. De plus, ce sont souvent le même type de thème qui sont soulevés par les citoyens-téléspectateurs.

Violaine a dit…

Euh... je choque quelqu'un si j'ose affirmer que la neutralité n'existe pas... Et encore moins dans une émission politique... Et encore encore moins quand c'est un journaliste qui s'exprime.

J'aimerais bien qu'on arrête cette hypocrisie de "neutralité" et d'"objectivité". Depuis quand un être humain et social peut mener un débat politique sans être influencé par ses convictions...

Alors que les questions "supervisées" nuisent à la neutralité d'une émission !!?!!

Moi je pense que les débats contradictoires trouveront leur place quand la campagne OFFICIELLE commencera, qu'on aura éliminé tous les petits candidats qui ne seront de toutes façons pas présents au premier tour. Et surtout qu'on fasse des débats avec TOUT LE MONDE. Pas seulement les deux marionnettes Bécassine et Grincheux. Et même avec Le Pen.

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